1949 - Panorama de la direction furtwänglérienne
   

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Panorama de la direction furtwänglérienne

 

1949

 

 

Bruckner, Symphonie n°7

 

par Felix Matus-Echaiz

 

 

CD SWF 051

 

                                      Bruckner

Symphonie n°7

              Orchestre Philharmonique de Berlin

                                        18.X.1949, Berlin

 
 
1

  I. Allegro moderato
0’00 - 1’02

La première minute de cette symphonie est un bel et significatif exemple de l'art du maniement du tempo par Furtwängler.

Quatre tempi différents y sont présents. Ces changements correspondent exactement aux quatre segments du thème principal; un des plus longs des motifs brucknériens (début de la deuxième symphonie excepté). En fait il ne s'agit donc pas tant de changement de tempo, que d’adaptation du tempo à l’expression

Le premier tempo (0’0-0’10) nous mène avec allant vers la note aiguë des violoncelles. Le changement de tessiture (à 0’13), et de climat, est marqué une légère inflexion du tempo. Le troisième tempo (à 0’34), plus rapide, et qui donnera plus d’intensité au chant des violoncelles, est amené par des trémolos plus nerveux. Le quatrième (à 0’45), qui marque la fin du motif principal, est en fait un ralentissement.

L’ interprétation de la mesure de transition du thème des violoncelles aux violons est un chef-d'oeuvre d’intelligence musicale et expressive.

       
 
2

  I. Allegro moderato
4'20 - 5'04

Ce passage est difficile à mettre en lumière car il constitue un grand crescendo qui aboutit à un... piano. Furtwängler allie à la perfection deux ce ses atouts majeurs : sens de l’expression et logique musicale. Le chef refuse d’y voir un passage monolithique, bien au contraire il met subtilement en évidence sa structure tripartite marquée par l’intervention de nouveaux instruments. Pour souligner chaque séquence (soit au début de cet extrait, puis à 0’20 et 0’28), le chef relance le discours musical en «aiguillonnant» l’orchestre. Un grand rallentando mène au sommet du crescendo.

       
 
3

 I. Allegro moderato
6'02 - 6'50

Les seize mesures de ce passage, au caractère nettement pastoral, sont un véritable havre de paix. La légèreté et la transparence des cordes suscite l’admiration. A noter, l’intervention du cor (à 0’18) et le rallentando en finesse (à 0’24).

       
 
4

 I. Allegro moderato
7’54 - 8’24

Le passage du développement, où les violoncelles jouent le deuxième thème du mouvement, est un des plus poignants que Bruckner ait composé. Les huit mesures préparatoires de ce grand moment (deux «questions» posées tour à tour par les violoncelles et ensuite par les violons et hautbois) interprétées par Furtwängler nous font retenir notre souffle.

       
 
5

I. Allegro moderato
8’26 - 9’17

Les violoncelles, déjà mis à l’honneur au début de la symphonie, s’approprient ces mesures. Le «peu expressif», demandé souvent par le chef dans ce type de passage, ne fait que mettre en valeur l’ampleur du chant et l’accablement qu’il exprime.

       
 
6

I. Allegro moderato
17’43-19’09

Si le début du mouvement est une bonne entrée en matière pour qui veut s’initier à la «magie» du tempo chez Furtwängler, la Coda l’est pour se familiariser avec ses crescendos inégalés.

Nous retrouvons la structure tripartite dont la mise en valeur est indispensable pour la clarté et la compréhension de ce passage.

Le premières mesures de cette Coda (0’0-0’24) sont jouées avec le minimum d’intensité expressive. Un net changement de climat (à 0’25), dont le chef avait le secret, marque la deuxième section de ce vaste crescendo. La troisième partie (à 0’41), où l’envolée définitive commence, semble être la «libération» de l'énergie cumulée dans les mesures précédentes.

Dans les dernières mesures la force des cors et la timbale, laquelle semble «casser» l’orchestre, sont à écouter avec attention.

  (c) 2005    

 

 

 

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