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                                     Face au IIIe Reich
   

Le compositeur | L'homme | Le chef d'orchestre

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      Face au IIIème Reich

 

 

Alte Philharmonie, Berlin, vers 1945

 

 

 

Face au IIIeme Reich

 

 

1915. Mannheim, le début de la carrière.

Durant la deuxième guerre mondiale, Furtwängler raconte à Friedrich Schnapp comment sa carrière a commencé à Mannheim en 1915. Le chef Artur Bodanzky s’en allait, et il y eut donc un concours pour le remplacer. Furtwängler eut plusieurs accrocs dans son interprétation et pensa alors : « Tu ferais mieux de faire ta valise et de rentrer chez toi ». Ayant entendu les autres candidats qui n'avaient pas commis d'erreurs, il était tout à fait désespéré. Mais Bodanzky le convoqua et lui proposa le poste. Furtwängler, stupéfait, objecta que les autres chefs étaient bien meilleurs que lui, et n’avaient pas fait d’accrocs. « Ah », dit Bodanzky, « Cela ne m’intéresse pas du tout. Vous étiez de loin le meilleur ! Les autres ne font pas le poids, c’est certain ». Et Furtwängler dit alors à son ami Schnapp : « Voyez-vous, et c’était un juif, et il faut… je devrais écrire un jour tout ce que je dois aux juifs ! Ils avaient effectivement un sens de la qualité, qui était unique ».

Extrait d'entretiens avec Friedrich Schnapp, in livret SWF 921-2 (page 50), disponible sur le site membres

 

1939. La Légion d'Honneur de Furtwängler. Furtwängler s'est vu attribuer la Légion d'Honneur en 1939, sur l'intervention de Jean Rouché, Directeur de l'Opéra de Paris. Un honneur pour la musique allemande que Hitler refusa de voir rendu public.

La Légion d'Honneur, extrait des annexes du "Centenaire Furtwaengler", 1986 (fichier RTF, 1 page, 60 Ko)

 

1945. Furtwängler fuit le IIIe Reich. Après l’attentat contre Hitler, Furtwängler est très sérieusement soupçonné d’avoir parti liée avec des conjurés. Lors d’un concert de décembre 44, il reçoit la visite de Speer lors de l’entracte. Furtwängler lui pose une question pourtant interdite à cette époque : « la guerre est-elle perdue ? » Speer lui répond que oui et lui conseille de profiter d’un visa que le chef a pour une série de concerts en Suisse pour ne pas revenir. Car sinon, il ne verrait pas la fin de la guerre. Furtwängler a alors ce cri du cœur qui en dit long sur une des raisons majeures qui explique les dix précédentes années : « mais que vont devenir mes Philharmoniker !? ». Ce n’est que rassuré par Speer sur ce sujet qu’il entame le processus qui le mènera en Suisse.

Furtwängler fuyant le IIIe Reich, par Stéphane Topakian (2004) sur Abeilleinfo.com

Le procès fait à Furtwängler, cinquante ans après sa mort, interview de Stéphane Topakian (2004) sur Abeilleinfo.com
 

1945. Elisabeth Furtwängler: «Je me rappelle très bien le jour où nous avons vu pour la première fois des images des camps de concentration. Il m'a pris dans ses bras et m'a dit : «Nous ne serons plus jamais heureux car ce sont des Allemands qui ont fait ça.» Il ne pouvait pas comprendre que le pays de Beethoven, qui était un messie pour lui, ait engendré tant d'horreur».

Elisabeth Furtwängler. Ardente vestale (archive payante), Le Figaro, 29 nov. 2004
 

1945-1947. Après la guerre, le silence. Aucun biographe de Furtwängler ne rend compte de manière totalement satisfaisante de la période comprise entre la fin de la guerre et son retour au podium, environ deux ans après.

Cette période de retrait de la vie musicale a donné lieu à la solide et trompeuse légende d'une volonté politique des forces alliées d'empêcher le chef de reprendre sa carrière, pour avoir continué à jouer Beethoven à Berlin pendant la guerre, ou par jalousie de sa gloire artistique. Cette thèse est celle défendue notamment par la pièce de théâtre et son adaptation cinématographique "Taking Sides" - en français "A torts et à raisons" (1999) et "Le cas Furtwängler" (2001). Mais la réalité est ailleurs...

Furtwängler : les années de silence (1945-1947) par Roger Smithson, 1997 (fichier RTF - 7 pages, 100 Ko)

En Español : Wilhelm Furtwängler: los años del silencio (1945-1947)

 

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